La couleur sauvage de la perruche calopsitte (cockatiel)est à la base grise.
L'arrivée progressive et la reproduction en masse de la calopsitte (cockatiel)dans nos élevages européens a indéniablement amené les éleveurs à obtenir des sujets dont les couleurs s'écartaient progressivement de la couleur naturelle.
C'est ainsi que sont nées les différentes mutations que l'on connait actuellement.
Toutes ces mutations peuvent être "contrôlées" avec un minimum de connaissance génétique.
En effet, bien que complexe pour tout néophyte, elle peut s'avérer devenir un jeu d'enfant lorsque quelques règles de base facileà comprendre sont appliquées.
Ce qui suit est un support de formation mis au point par Thierry Duliere. Je le remercie grandement d'ailleurs pour son autorisation quant à la publication de celui-ci.
Il est habituellement utilisé pour faire comprendre à des éleveurs amateurs les bases de la génétique.
La méthode utilisée est non conventionnelle mais permet à tout un chacun de comprendre aisément et de devenir indépendant quant à la constitution de ses accouplements.
Bien entendu, leur publication est simplement soumise à autorisation préalable de l'auteur Thierry Dulière.
La génétique regorge de termes complexes et difficilement compréhensibles. Afin d'aider chacun à la compréhension de la matière, une familiarisation du langage génétique s'impose.
Certains mots peuvent sembler nouveaux et leur sens pas forcément clair dans votre esprit.
Mutation, Gène, Chromosome, Phénotype…. Tout un langage que vous allez apprendre à connaître et à utiliser et qui vous aidera à comprendre la suite.
N’ayez aucune crainte, il y a très peu de choses à apprendre, simplement quelques règles à comprendre….
La génétique est facile à assimiler quand elle est expliquée comme des opérations simples de calcul et de logique.
b. Qu’est-ce qu’une mutation ?
Par rapport au type sauvage des êtres vivants (animaux ou végétaux), il existe des variations comme chez l’homme : la couleur des yeux, la couleur des cheveux, la texture des cheveux. Chez les oiseaux, vous rencontrez des modifications de couleur, de texture de plumes (huppe, frisure).
Ces modifications sont appelées mutations quand elles sont transmissibles.
Sinon, ce sont de simples aberrations (modifications d’aspect de l’oiseau qui ne sont pas transmissibles).
Pour comprendre les mutations de couleur, il est bon de se rappeler quelques règles apprises en peinture.
Rappels:
Quand vous mélangez de la peinture JAUNE avec de la peinture BLEU, vous obtenez de la peinture VERT. Donc en peinture :
VERT= JAUNE + BLEU
Si une mutation retire le JAUNE chez un oiseau VERT, c’est la mutation BLEU
Si une mutation retire le BLEU chez un oiseau VERT, c’est la mutation JAUNE
Si on combine les deux mutations, la BLEU qui retire le JAUNE et la JAUNE qui retire le BLEU, on obtient un oiseau BLANC
Donc en génétique :
JAUNE = VERT - BLEU
BLEU = VERT - JAUNE
Le BLANC n’est pas une mutation mais une combinaison de deux mutations.
c. L’origine des couleurs
Il existe deux grandes familles d’origine des couleurs :
couleurs pigmentaires
couleurs structurelle
Les couleurs pigmentaires
Psittacines jaunes et rouges (caroténoïdes chez les non-psittacidés)
Mélanines
§ Eumélanine
· Noire si oxydée · Brune si non oxydée
§ Phaéomélanine brune
Les couleurs structurelles
La structure de plume qui agit sur l’aspect des couleurs mélaniques
Le bleu obtenu par effet de distorsion de la lumière
Le gris obtenu par modification de la zone spongieuse des plumes qui modifie la distorsion de la lumière
Le facteur foncé contrôle la profondeur de la zone spongieuse et modifie la longueur d’onde de la distorsion lumineuse (et par effet la réfraction).
Le facteur violet altère la zone spongieuse et et il en résulte une altération de la longueur d’onde de la distorsion lumineuse (et par effet la réfraction).
Ces différentes phénomènes se combinent pour permettre une multitude de couleurs.
d. Transmission des mutations
Le corps des oiseau, tout comme les êtres vivants, est composé de plusieurs millions de cellules. Chacune cellule contient un noyau qui contient les chromosomes.
Il y a toujours deux chromosomes identiques par cellules (= paire de chromosomes).
Sur chaque chromosome se trouvent des gènes. Ces gènes nombreux sont également par paire. Ces gènes contiennent des informations comme par exemple la couleur du plumage.
Les mutations sont déterminées par des gènes qui sont fixées sur les chromosomes à des emplacements appelées locus (loci au pluriel).
Comme les chromosomes qui se trouvent dans chacune des cellules des être vivants sont systématiquement par paires, lors de la reproduction qui sera étudiée dans un prochain chapitre, nous verrons que les jeunes héritent de la moitié du patrimoine génétique du père et de la moitié du patrimoine génétique de la mère.
L’aspect extérieur visuel d’un oiseau est appelé phénotype. Son patrimoine génétique (l’ensemble des caractères visibles et cachés mais transmissibles) est appelé génotype. Le mode de transmission des mutations est appelé hérédité.
II – PRINCIPES DE BASE DE L'HEREDITE
Nous allons observer maintenant le mécanisme de la reproduction et la détermination du sexe chez les jeunes oiseaux.
Ensuite, nous allons étudier les deux grandes familles d’hérédité à savoir
hérédité liée au sexe et
hérédité libre
mais également les différents types de dominance:
récessive et
dominante
e. Mâle, Femelle et Jeune
Chez les oiseaux, le mâle se différencie génétiquement de la femelle par une paire de chromosomes sexuels XX tandis que la paire de chromosomes sexuels de la femelle est XY.
!!!Attention!!! : Il s'agit bien de XX pour le mâle et XY pour la femelle CONTRAIREMENT aux humains ( XY pour l'homme et XX pour la femme.)
Lors de la multiplication cellulaire (cf fig1) normale, les cellules se divisent à l’identique, une cellule donnant deux cellules identiques avec chacune les mêmes paires de chromosomes qui à leur tour donnent chacune une paire de cellules identiques, etc….
Lors de la reproduction, chez le mâle comme chez la femelle, des cellules se divisent en demi-cellules comprenant chacune une demi-paire de chromosomes.
Ainsi si les demi-cellules, qui sont en fait les cellules reproductrices, provenant du mâle ont chacune un chromosome X , celles provenant de la femelles ont pour une moitié un chromosome X, et pour l'autre moitié un Y.
Ainsi pour le mâle on obtient le schéma ci-dessous :
Fig 2 : division cellulaire chez le mâle calopsitte
Et pour la femelle, celui-ci :
Fig 3 : division cellulaire chez la femelle calopsitte
Le chromosome Y est minuscule et ne contient presque pas d’information.
Ces cellules vont ensuite se rencontrer lors de l’accouplement et ainsi, dés la fécondation, le sexe des jeunes sera déterminé.
Pour illustrer les différents cas de figures, utilisons un simple tableau dans lequel nous allons uniquement noter les chromosomes qui nous concernent pour la détermination du sexe.
Dans ce tableau, nous reportons dans les cases du haut chacun des chromosomes du mâle et dans les cases de gauche ceux de la femelle.
Ensuite, il suffit de reconstituer, dans les quatre cases aux intersections des colonnes et des lignes, les paires de chromosomes des jeunes
Mâle
X
X
Femelle
X
Y
Mâle
X
X
Femelle
X
XX
XX
Y
XY
XY
Vous constatez que l’on a bien en théorie :
2 jeunes sur 4 qui sont des mâles (50%) et
2 jeunes sur 4 qui sont des femelles (50%).
f. Mutations récessives liées au sexe
Le locus (= emplacement sur le gène) de certaines mutations est situé sur les chromosomes X.
En conséquence, comme ce sont les chromosomes qui déterminent le sexe, nous dirons que ces mutations sont liées au sexe.
Il s’agit des mutations suivantes:
Lutino (dit ino)
Perlée
Cinnamon (canelle ou isabelle)
Joue jaune
Remarque : Notez que chez la calopsitte (cockatiel), il existe une mutation ino non liée au sexe
Nous allons prendre comme exemple la mutation lutino (=ino) liée au sexe. Nous allons simplement noter INO pour représenter le gène ino sur le chromosome X et XINO pour représenter le gène non ino.
Dans ces conditions, un oiseau mâle qui possède deux chromosomes X avec le gène non ino sera noté : X INOX INO . Cet oiseau sera de couleur sauvage car non affecté par la mutation.
Un oiseau mâle qui possède deux chromosomes X avec le gène ino sera noté : XINOXINO. Cet un oiseau sera de couleur ino car affecté par la mutation.
Un oiseau mâle qui possède un chromosome X avec le gène ino et un chromosome X avec le gène non ino sera noté : XINOXINO. Cet oiseau sera de couleur sauvage mais porteur de la mutation car la mutation est liée au sexe.
Et en ce qui concerne les femelles, deux solutions seulement peuvent se présenter :
un oiseau femelle qui possède son chromosome X avec le gène non ino sera noté : XINOY. Cet oiseau sera de couleur sauvage car non affecté par la mutation.
un oiseau femelle qui possède son chromosome X avec le gène ino sera noté : XINOY. Cet un oiseau sera de couleur ino car affecté par la mutation.
Retenez bien
Les femelles ne peuvent jamais être porteur d'une mutation liée au sexe
Accouplons sous forme de tableaux nos différentes combinaisons afin de voir ce que les oisillons nous donnent :
Couple 1: Mâle non lutino et Femelle non lutino
Non ino
X
Non ino
Mâle
XINO
XINO
Femelle
XINO
XINOXINO
XINOXINO
Y
XINOY
XINOY
Résultats des jeunes :
50% de Mâles non ino
50% de Femelles non ino
Couple 2 : Mâle non lutino et Femelle lutino
Non ino
x
ino
Mâle
XINO
XINO
Femelle
XINO
XINOXINO
XINOXINO
Y
XINOY
XINOY
Résultats des jeunes :
50% de mâles porteur ino
50% de femelles non ino
Couple 3 : Mâle lutino et Femelle non lutino
ino
x
non ino
Mâle
XINO
XINO
Femelle
XINO
XINOXINO
XINOXINO
Y
XINOY
XINOY
Résultats des jeunes :
50% de mâles porteur ino
50% de femelles ino
Couple 4 : Mâle lutino et Femelle lutino
ino
x
ino
Mâle
XINO
XINO
Femelle
XINO
XINOXINO
XINOXINO
Y
XINOY
XINOY
Résultats des jeunes
50% de mâles ino
50% de femelles ino
Couple 5 : Mâle porteur lutino et Femelle non lutino
Porteur ino
x
Non ino
Mâle
XINO
XINO
Femelle
XINO
XINOXINO
XINOXINO
Y
XINOY
XINOY
Résultats des jeunes
25 % de mâles porteur ino
25 % de mâles non ino
25 % de femelles grises
25 % de femelles lutino
f. Les mutations récessives libres
Le locus des autres mutations est situé sur des chromosomes autres que les chromosomes sexuels X.
En conséquence, comme ce ne sont pas les chromosomes qui déterminent le sexe, nous dirons que ces mutations sont libres puisque leur hérédité va être en conséquence non dépendante du sexe des géniteurs. Il s’agit d’un grand nombre de mutations:
Joues blanche
Fallow
Panaché (bigarré)
Pastel
Argenté récessif
Comme ces mutations sont indépendantes du sexe des parents, nous ne représenterons pas les chromosomes sur lesquels elles sont fixées.
Ainsi, le tableau sera simplifié et les résultats seront identiques en inversant mâle et femelle.
Parent n°1
Parent n°2
Nous allons prendre comme exemple simple, la mutation FALLOW.
Nous codifierons la mutation de la même façon:
* F pour le gène Fallow
* F (F barré) pour le gène Non-Fallow
En conséquences, construisons les tableaux d’accouplements :
Couple 1 : Mâle Non Fallow et Femelle Non Fallow
Non Fallow x Non Fallow
Parent n°1
F
F
Parent n°2
F
FF
FF
F
FF
FF
Résultats des jeunes
100 % de Non Fallow
Couple 2 : Mâle Non Fallow et Femelle Fallow
Non Fallow x Non Fallow
Parent n°1
F
F
Parent n°2
F
FF
FF
F
FF
FF
Résultats des jeunes
100 % de Porteur Fallow
Couple 3 : Mâle Fallow et Femelle Fallow
Fallow x Fallow
Parent n°1
F
F
Parent n°2
F
FF
FF
F
FF
FF
Résultats des jeunes
100 % de Fallow
Couple 4 : Mâle Fallow et Femelle Porteur Fallow
Fallow x Porteur Fallow
Parent n°1
F
F
Parent n°2
F
FF
FF
F
FF
FF
Résultats des jeunes
50 % de Fallow
50 % de Porteur Fallow
Couple 5 : Mâle Non Fallow et Femelle Porteur Fallow
Non Fallow x Porteur Fallow
Parent n°1
F
F
Parent n°2
F
FF
FF
F
FF
FF
Résultats des jeunes
50 % de Non Fallow
50 % de Porteur Fallow
Remarque: Tous les mâles sont de possibles porteurscar on ne peut reconnaître les porteurs des normaux qu'en les testant par accouplement.
Couple 6 : Mâle Porteur Fallow et Femelle Porteur Fallow
Porteur Fallow x Porteur Fallow
Parent n°1
F
F
Parent n°2
F
FF
FF
F
FF
FF
Remarque: Tous les non Fallow et les porteurs Fallow sont des possibles porteurs car on ne peut pas reconnaître les porteurs des normaux qu'en les testant par accouplement.
!!Attention, toutes les mutations à hérédité libre ne sont pas récessives. Il y a des mutations dominantes et des mutations semi-dominantes
Conclusion:
Une mutation est dite récessive quand le sujet hétérozygote pour cette mutation a l'aspect d'un sujet non-mutant mais est porteur de la mutation (il est capable de transmettre la mutation)
Une mutation est dite dominante quand le sujet hétérozygote pour cette mutation a l'aspect d'un sujet mutant identique au sujet homozygote pour la mutation
h. Combinaisons simples et rares
La génétique devient un jeu d'enfant lorsque les grands principes sont assimilés.
Il devient possible dès ce moment de connaître les possibilités de naissances des oisillons pour des couples précis.
Tant l'éleveur confirmé que le particulier peut "contrôler" ses couples et obtenir la mutation désirée.
Mais pour ne pas fausser les résultats de ces combinaisons, la connaissance tant du phénotype que du génotype seront plus qu'indispensables.
Ex: un mâle gris (phénotype gris) peut avoir un génotype lutino (en langage familier, il est porteur ino)
Pour les plus récalcitrants, voici une liste reprenant la plupart des combinaisons simples et rares possibles.